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10.02.2026 12:48 AM
EUR/USD. À l’horizon – niveau de résistance 1,1910

La paire euro-dollar progresse régulièrement et se rapproche du seuil des 1,19. Le contexte fondamental reste favorable à une poursuite de la hausse. Parmi les principales raisons figurent la divergence probable entre les positions de la Federal Reserve et de la Banque centrale européenne, une nette amélioration du sentiment des investisseurs en zone euro, ainsi qu’un recul de l’aversion au risque dans le sillage des négociations entre les États-Unis et l’Iran sur le programme nucléaire. Par ailleurs, le dollar subit des pressions à la suite d’une série de statistiques décevantes sur le marché du travail américain, publiées avant le rapport sur les Non-Farm Payrolls (NFP) de janvier. L’ensemble de ces facteurs fondamentaux jouent en faveur des acheteurs de EUR/USD, permettant à la paire de franchir la résistance à 1,1870 (borne supérieure du nuage Kumo sur l’unité de temps H4).

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Selon les données de l’outil CME FedWatch, le marché reste presque convaincu que la Fed maintiendra inchangés tous les paramètres de politique monétaire lors de ses prochaines réunions de mars et d’avril. Par exemple, la probabilité d’une baisse de taux en mars n’est que de 15 %, tandis qu’en avril elle atteint 33 %. La probabilité d’une réduction de 25 points de base en juin est de 70 %. D’ailleurs, la réunion de juin sera présidée par Kevin Warsh, sous réserve que le Sénat approuve sa nomination.

Les anticipations dovish concernant une baisse de taux en juin ne sont pas uniquement liées au « facteur Warsh ». Les récents rapports sur le marché du travail américain ont déçu les acheteurs de dollar. La semaine dernière, trois statistiques — JOLTS, ADP et Unemployment Claims — sont ressorties en zone rouge, signalant un refroidissement du marché de l’emploi aux États-Unis.

En particulier, le nombre d’offres d’emploi a reculé en décembre à 6,542 millions, son plus bas niveau depuis 2020, ce qui indique une faiblesse de la demande de main-d’œuvre. Le rapport ADP a montré que le secteur privé américain n’a créé que 22 000 emplois, soit presque la moitié des prévisions (+45 000). Enfin, le rapport Unemployment Claims a fait état d’une hausse des demandes d’allocations chômage : le chiffre est monté à 231 000, contre une prévision de 212 000.

En d’autres termes, il y a nettement moins de postes vacants, la croissance de l’emploi s’est affaiblie et le nombre de nouvelles demandes d’allocations a augmenté.

Si le rapport NFP de janvier ressort lui aussi en zone rouge, les anticipations dovish quant aux actions futures de la Fed se renforceront : la probabilité d’une baisse de taux en avril grimpera à environ 50 %, et en juin à 80–90 % (en supposant un statu quo en avril). De plus, même les prévisions préliminaires pour le NFP font déjà état d’une dynamique molle du marché du travail américain en janvier. Les attentes indiquent que le taux de chômage restera à 4,4 %, avec une hausse de l’emploi limitée à 70 000. Même si la publication est conforme au consensus, le sentiment dovish devrait persister, exerçant une pression sur le billet vert.

Parallèlement, la BCE, à l’issue de sa réunion de février, non seulement a laissé inchangés tous les paramètres de politique monétaire, mais a également adopté une position attentiste pour les prochains mois. Selon les membres de la banque centrale, l’inflation dans la zone euro « se rapproche du niveau cible » et l’économie de la région « paraît résiliente ».

Ce signal optimiste, d’orientation « modérément hawkish », a surpris de nombreux acteurs de marché, alors que, la veille de la réunion, un rapport sur l’évolution de l’IPC en zone euro avait mis en évidence un ralentissement tant de l’inflation globale que de l’inflation sous-jacente. Cependant, la BCE a en substance ignoré cette publication, indiquant qu’elle se focalise sur la dynamique de l’indicateur à moyen terme.

Ainsi, la situation actuelle laisse présager une divergence croissante entre les trajectoires de la BCE et de la Fed. La plupart des analystes estiment que la BCE maintiendra ses taux d’intérêt à leur niveau actuel cette année ; tout assouplissement de la politique monétaire n’est envisageable que dans la seconde moitié de l’année, et uniquement en réaction à une dégradation des données. À l’inverse, la probabilité d’une baisse de taux de la Fed au premier semestre augmente progressivement, mais sûrement. Si les rapports NFP et CPI, qui seront publiés cette semaine aux États-Unis, confirment un refroidissement du marché du travail et un ralentissement de l’inflation, le marché reviendra à l’idée d’une divergence imminente de politique monétaire entre la BCE et la Fed.

Par ailleurs, des facteurs géopolitiques soutiennent également les acheteurs de EUR/USD. La plupart des analystes ont porté une appréciation positive sur les résultats du premier tour de négociations entre les États-Unis et l’Iran concernant le programme nucléaire iranien. Et même si les positions restent encore très éloignées, le maintien d’un engagement général en faveur du dialogue diplomatique soutient l’appétit pour le risque des investisseurs, notamment en faveur de l’euro.

L’indice de confiance des investisseurs Sentix, publié lundi, a lui aussi joué en faveur des acheteurs de EUR/USD. Pendant six mois — d’août à janvier — cet indicateur est resté en territoire négatif ; toutefois, ce mois-ci, il a surpris en progressant à 4,2 (contre une prévision de -0,2), reflétant un climat plus optimiste dans le milieu des affaires européen.

Ainsi, le contexte fondamental actuel plaide pour une poursuite de la hausse de EUR/USD. À l’heure actuelle, la paire tente de se consolider au-dessus de la borne supérieure du nuage Kumo sur le graphique en quatre heures (1,1870), après quoi le prix se situera au-dessus de l’ensemble des lignes Ichimoku et au-dessus de la borne supérieure des bandes de Bollinger. L’objectif immédiat du mouvement haussier se trouve à 1,1910 (ligne Tenkan-sen sur l’unité de temps D1). L’objectif principal est 100 pips plus haut, au niveau de 1,2010 (borne supérieure des bandes de Bollinger sur le graphique quotidien). Toutefois, pour s’emparer de la zone des 1,20, les acheteurs de EUR/USD auront besoin d’un « jackpot » sous la forme d’un NFP faible et de chiffres CPI décevants.

Irina Manzenko,
Analytical expert of InstaTrade
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