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08.09.2026 08:39 AM
Les chiffres de l’emploi non agricole entièrement intégrés en une journée — Les traders tournent désormais leur attention vers l’inflation américaine et la réunion de la BCE

Les devises européennes se sont renforcées face au dollar hier, avec des gains similaires pour la livre sterling — signe que les solides chiffres de l’emploi américain publiés vendredi sont déjà entièrement intégrés dans les cours. Les traders se concentrent désormais sur la publication des données d’inflation plus tard cette semaine et, en amont, sur la réunion de la Banque centrale européenne jeudi ; ceux qui n’avaient pas encore intégré une hausse des taux sont en train de le faire maintenant.

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Lundi a été calme en raison de la fermeture des marchés pour le Labor Day aux États-Unis, mais la zone euro a réservé une surprise notable sur le front des données. Le PIB du deuxième trimestre a été révisé à la hausse à 0,6 % d'un trimestre sur l'autre (UE : +0,7 %), dépassant officiellement la croissance américaine de 0,4 % sur la même période. En surface, cela ressemble à un retournement de situation en Europe, mais la composition de la croissance raconte une toute autre histoire.

Les exportations nettes ont contribué à hauteur de 0,9 point de pourcentage au PIB de la zone euro, la consommation des ménages seulement 0,2 point, tandis que les dépenses publiques et la formation brute de capital fixe ont été négatives, retranchant au total 0,5 point, selon Eurostat. En d'autres termes, la croissance est entièrement tirée par les exportations ; la demande intérieure y participe à peine. Les exportateurs et les producteurs de biens d'équipement en profitent, tandis que le commerce de détail et les services orientés vers les consommateurs restent à la traîne.

De nombreux éléments récents viennent étayer cette analyse. Les ventes au détail dans la zone euro ont chuté de 0,6 % en juillet, au lieu de la hausse de 0,3 % attendue, après un recul de 0,3 % le mois précédent. L'emploi n'a progressé que symboliquement, de 0,1 % sur le trimestre, et le rapport allemand publié hier a fait état d'une forte baisse de 1,1 % de la production industrielle, alors que le consensus tablait sur +0,1 % et après une hausse de 0,2 % en juin. Pour ces raisons, je ne considère pas la révision à la hausse du PIB comme le signe d'une reprise durable : l'expansion actuelle du bloc est une bulle tirée par les exportations et, une fois que la demande extérieure ralentira sans relais suffisant des composantes domestiques, la croissance globale de la zone euro devrait se replier.

Pourquoi, dès lors, l'euro s'apprécie-t-il sur la base de ces chiffres ? Parce que la lecture est différente du point de vue de la BCE. Une expansion trimestrielle de 0,6 % réduit les arguments en faveur du maintien d’une politique accommodante, transformant cette révision en justification d’un durcissement pour combattre l’inflation. Cette anticipation soutient l’euro pour l’instant, tandis que les acteurs de marché repoussent le problème de la faiblesse de l’industrie et de la consommation. Les gagnants, dans cette optique, sont les détenteurs d’euros. Les perdants sont les entreprises industrielles allemandes, confrontées à une baisse de la production alors même que les conditions monétaires se resserrent.

Le calendrier du jour est peu chargé des deux côtés de l’Atlantique. Pour la zone euro, les balances commerciales extérieure allemande et française sont attendues — précisément les postes qui sous-tendent la croissance récente — et méritent donc l’attention. Il n’y a pas d’autres statistiques macroéconomiques majeures pour la zone euro ou le Royaume-Uni, de sorte que l’attention se portera sur les discours des responsables de la Bank of England et de la BCE, ainsi que sur les auditions parlementaires relatives au rapport de politique monétaire de la BoE. Aux États-Unis, les statistiques se limitent au moral des petites entreprises et aux volumes de crédit à la consommation, deux indicateurs qui ont peu de chances de provoquer des mouvements significatifs sur le marché des changes.

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Vue technique

EUR/USD : Sur le graphique horaire, en cas de hausse, je prévois de vendre à 1,1641 si une fausse cassure se forme, avec pour objectif un repli vers 1,1621. Si les vendeurs échouent à 1,1641, il faudra reporter les positions vendeuses à 1,1650 sur un échec de consolidation, ou vendre sur un rebond depuis 1,1673, en visant un mouvement de 15 à 20 pips. Pour les acheteurs, le niveau clé à défendre est 1,1621. Une fausse cassure en dessous de ce niveau serait un signal pour renforcer les positions longues dans le cadre de la phase haussière entamée le 2 septembre. En l’absence d’ordres à l’achat à 1,1621, il conviendra d’attendre 1,1601 pour acheter (ou d’acheter sur un rebond depuis 1,1587) avec le même objectif de 15 à 20 pips.

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GBP/USD : La livre sterling présente une configuration similaire mais reste plafonnée par le niveau de résistance à 1,3545, un seuil testé à quatre reprises. Une cassure suivie d’une consolidation au-dessus de 1,3545 ouvrirait la voie vers 1,3573, avec une extension possible jusqu’à 1,3596, zone où je chercherais à vendre sur rebond pour un mouvement de 20 à 25 pips. Des positions vendeuses sur un mouvement de hausse en direction de 1,3573 seraient également valides en cas de fausse cassure à 1,3545. Dans ce scénario, je m’attends à ce que la paire reste enfermée dans un range et revienne tester les niveaux de support à 1,3521 et 1,3501, où les achats ne seraient prudents que si ces niveaux cèdent. J’envisagerais des achats sur rebond aux alentours de 1,3480, avec un objectif de 20 à 25 pips.

Perspectives

D’ici jeudi, je donne l’avantage aux acheteurs d’actifs risqués, ainsi qu’à l’euro et à la livre. Le rapport de vendredi sur les créations d’emplois non agricoles est déjà intégré dans les cours, et il n’y a pas de nouveau catalyseur haussier pour le dollar avant les prochaines données sur l’inflation, tandis que la réunion de la BCE joue défavorablement pour le dollar sur EUR/USD. Au cours des prochaines séances, j’anticipe de nouvelles tentatives de la paire EUR/USD pour rejoindre le haut de sa zone de fluctuation. Pour que GBP/USD suive le mouvement, la livre devra s’affranchir du seuil de 1,3545, ce qui semble peu probable en l’absence de signal clair de la part de la Bank of England.

Miroslaw Bawulski,
Analytical expert of InstaTrade
© 2007-2026

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